Le pianiste fou
Illustration Mona Lassus
mine de plomb et crayon de couleur

  

Le pianiste fou

Est-il possible qu’un rêve d’enfant se réalise à l’âge adulte ?

      Laurette, petite fille sage, a un jour la surprise de trouver, dans la maison de son grand-père où elle aime se réfugier pour retrouver le souvenir du vieil homme disparu, un étrange personnage.

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Une soirée dans l’antre de Diogène
illustration Mona Lassus
mine de plomb

Une soirée dans l’antre de Diogène

  Invitée par des amis dans la maison d’un artiste peintre, l’auteure découvre un personnage hors du commun.

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Lucien ou Luciano ?

En promenade à la plage avec sa chienne, le Docteur Boileau trouve un cadavre. L’enquête permet de découvrir l’identité de la défunte, qui n’est autre qu’une ancienne cliente, disparue avec son mari. Le couple, dont la femme avait un cancer, avait de toute évidence l’intention de mettre fin à ses jours. Mais alors, qu’est devenu le mari dont le corps n’a jamais été retrouvé ?

Lire un extrait :

Le Docteur Boileau, convoqué par le Commissaire en qualité de témoin dans l’enquête que sa découverte, ou plutôt celle de sa chienne, avait déclenchée la veille, est d’une humeur massacrante !

Aucun élément de réponse sur l’identité de la victime ne vient pour l’instant éclairer la police, d’autant qu’aucune disparition n’a été signalée ces derniers mois. Les enquêteurs s’en tiennent donc à recueillir la déposition du Docteur, à lancer un appel à témoins et à confier à la police scientifique le soin de déterminer la date approximative du décès, comment le corps avait pu arriver sur le lieu de sa découverte, et, éventuellement, son identification. La routine, quoi …

Pour le Docteur, une corvée de plus. En ce moment, ça n’arrêtait pas. Et puis, toute cette clientèle vieillissante lui créait tant de soucis. La semaine dernière, c’était le père Gibeau et son cancer de l’œsophage ! Et celle d’avant, cette pauvre Madame Verdier qui n’avait pas survécu à son opération, et c’était comme ça depuis plusieurs années. Dur métier où il faut se blinder pour ne pas sombrer dans la tristesse ! Tiens, au mois de mars, il s’en souvenait, il avait dû convoquer d’urgence Madame Meilleau

à laquelle on diagnostiquait un cancer du sein au vu des résultats de ses analyses. Pris à temps, bien sûr, mais qui nécessitait un traitement long et peut-être aussi une ablation ; ça lui en avait flanqué un coup au moral, à Madame Meillau !

« A propos, c’est vrai ça, pensa-t-il, voilà près d’un mois que je ne l’ai pas revue ! Bizarre …

Ce mercredi 5 mars 1986, un soleil radieux chassait l’humidité de l’hiver et donnait un avant-goût du printemps dans la maison des Meillau, toutes fenêtres ouvertes.

« Ça sent bon la cire, dans cette maison. Tu as fait un grand ménage, ma chérie ».

« Oh, je n’ai pas encore tout à fait terminé. Je veux que tout soit parfait, irréprochable pour que les enfants n’aient pas de souci. Mais je suis tellement fatiguée ! Je n’avance pas aussi vite que je le voudrais. Et toi, as-tu fini d’arranger le jardin et la cave ? 

— Pas tout à fait, j’ai négligé pas mal de choses ces derniers temps. Il y a du boulot.

—Quand crois-tu que nous aurons terminé tout ceci ? 

—Je ne sais pas trop. Dans quelques jours sans aucun doute ».

— Il ne faudrait pas trop tarder. On ne sait jamais, tu sais. Il faut toujours battre le fer pendant qu’il est chaud. Si nous attendons trop, nous risquons de manquer de courage et de ne pas aller au bout de notre projet. »

—Mais ne t’en fais donc pas. Ce qui est décidé est décidé. Faisons les choses comme elles doivent être faites, sans rien négliger. Demain, je me rendrai à la banque pour mettre nos comptes en ordre. Ensuite, nous écrirons aux enfants, et après, nous mettrons le reste de notre plan à exécution ».

—Tu as raison. Tu as toujours raison ! Comment aurais-je pu vivre sans toi ? « 

Lucien étreignit doucement Mauricette et ils échangèrent un baiser aussi tendre et passionné qu’au début de leur union. Ils avaient eu deux enfants et connu, comme tout le monde, les aléas de la vie, des joies et des peines, des gros et petits soucis, rien n’avait changé entre eux deux. Ils avaient fait ce qu’on appelait un mariage d’amour et toute leur vie avait été guidée par cet amour. Il en serait toujours ainsi. Rien ne les avait jamais séparés, rien ne les séparerait jamais, pas même la mort. Ils se l’étaient juré le jour de leur mariage et allaient renouveler ce vœu pas plus tard que dimanche prochain où ils fêteraient leur trentième anniversaire de vie commune. C’est ce jour-là, après avoir célébré l’évènement au champagne, tous les deux et rien qu’eux deux, qu’ils écriraient aux enfants. Ils savaient déjà ce qu’ils mettraient dans cette lettre qui serait exactement la même pour Paul et pour Josy. Ce qu’ils avaient à leur dire n’était rien que de très banal, mais tellement important !

©Mona Lassus – Tous droits réservés

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